L’inauguration des nouveaux locaux de l’APEC à Chambéry le 16 septembre 2025 a marqué un véritable temps fort pour l’emploi et l’attractivité territoriale en Auvergne-Rhône-Alpes. Cet événement d’envergure a réuni plus d’une centaine de participants, mêlant entreprises locales, start-up innovantes, représentants d’institutions majeures, acteurs du recrutement, cabinets de conseil RH, ainsi que de nombreux experts du marché du travail régional. Leur mobilisation collective témoigne du dynamisme du tissu économique chambérien et de la force du réseau professionnel en Savoie.
Tout au long de la matinée, des tables rondes ancrées dans les enjeux locaux ont rythmé les échanges et favorisé les synergies. Les grands thèmes abordés – impact des Jeux Olympiques sur l’emploi local, transformation des métiers de la montagne, dynamisme de la filière outdoor, entrepreneuriat en Savoie – répondaient aux besoins concrets du territoire et aux défis d’innovation.
Cette inauguration s’est ainsi imposée comme un carrefour stratégique pour débattre, anticiper les évolutions du marché de l’emploi et renforcer les liens entre tous les acteurs au service du développement économique et social de Chambéry et de sa région.
Découvrez le contenu de 2 tables rondes auxquelles nous avons assisté.
L’impact des JO 2030 sur l’emploi local à Chambéry et en Savoie
Les JO une belle opportunité pour l’emploi en Savoie et Haute Savoie
L’organisation des Jeux Olympiques d’hiver 2030 représente une formidable opportunité de transformation structurelle pour l’emploi local à Chambéry et en Savoie. Selon les dernières études, l’événement devrait générer près de 50 000 emplois à l’échelle nationale, dont une grande partie sera directement localisée dans les territoires alpins, en particulier la Savoie et la Haute-Savoie. Cette dynamique concerne aussi bien des emplois directs (secteurs de l’événementiel, du tourisme, de l’hôtellerie-restauration, des transports et des infrastructures) qu’un large éventail de métiers indirects : services associés, maintenance, logistique, communication, sécurité, solutions digitales et innovation.
Les besoins sont pluriels : chargés de projet, responsables événementiels, agents d’accueil, techniciens de maintenance, professionnels du BTP et de la gestion énergétique, spécialistes du numérique, experts en marketing territorial, managers de sites et guides touristiques. L’écosystème local, fondé sur l’expérience acquise lors des grands événements antérieurs (JO d’Albertville 1992, Mondiaux de Courchevel-Méribel 2023), dispose d’un socle de compétences solide qu’il s’agit de renforcer pour répondre à l’ampleur de la demande attendue.
L’événement est un formidable accélérateur pour les jeunes diplômés, mais aussi pour les profils en reconversion ou en évolution professionnelle. Les dispositifs de formation continue, les parcours de reconversion dans les métiers du tourisme, de la montagne et du management d’événements seront décisifs pour anticiper les nouveaux besoins des entreprises et offrir des perspectives attractives à la jeunesse locale et aux actifs souhaitant donner un nouveau souffle à leur carrière.
La réussite de cette transformation dépend de la capacité collective à anticiper les recrutements, planifier la montée en compétences et fluidifier les mobilités internes ou externes. C’est à ce titre que les dispositifs d’outplacement, de reclassement, d’accompagnement des mobilités et de gestion des emplois et des compétences prennent toute leur importance. Les cabinets RH de la région, les organismes de formation et les acteurs institutionnels (APEC, Pôle Emploi, Région) devront intensifier leurs synergies pour proposer des solutions personnalisées et efficaces – bilans de compétences, coaching, accompagnement à la mobilité, appui à la reconversion et partenariats pour l’emploi.
Enfin, la transversalité des enjeux (durabilité, inclusion, transition digitale, exigences environnementales) incite à élargir le spectre du recrutement au-delà des filières traditionnelles pour répondre aux nouveaux défis sociétaux et renforcer l’attractivité du territoire. La réussite des JO 2030 en Savoie passera par une mobilisation sans faille de tout l’écosystème RH local, au service de la création de valeur, du développement durable et de l’emploi qualifié pour le territoire.
Les défis en matière d'emplois liés à la construction et l'aménagement des sites
La préparation des Jeux Olympiques 2030 en Savoie va mobiliser un nombre considérable d’emplois liés à la construction et à la modernisation des équipements sportifs et d’accueil. Si une partie des infrastructures existantes sera réutilisée afin de limiter l’empreinte écologique et budgétaire – comme l’exige la stratégie de Jeux sobres portée par la région –, de nombreux chantiers porteront sur des aménagements complémentaires, la construction de villages olympiques, la rénovation et l’adaptation de sites majeurs ainsi que sur la modernisation des transports et réseaux locaux. Selon les estimations, le secteur de la construction fait partie, avec l’hôtellerie-restauration et l’audiovisuel, des principaux bénéficiaires en emplois créés par l’événement.
Toutefois, ces perspectives positives soulèvent des questions cruciales pour tout l’écosystème local. Les métiers du BTP font déjà face à des tensions notables, tant sur le recrutement d’ouvriers qualifiés, de techniciens et d’encadrants que sur la disponibilité immédiate de main-d’œuvre sur le territoire. L’accroissement soudain des besoins, sur une période forcément concentrée, risque d’accentuer la pénurie de talents, générant une compétition accrue entre les grands chantiers et les projets locaux déjà en cours (nous pensons notamment au projet Lyon Turin).
À cela s’ajoute un défi logistique et social : comment garantir des conditions de logement adaptées pour accueillir, parfois sur des durées longues (plusieurs mois ou plusieurs années), l’ensemble des professionnels mobilisés par les travaux olympiques ? La question de l’hébergement temporaire, de la mobilité sur le territoire, de l’intégration sociale et des conditions de vie des salariés est désormais centrale dans la planification des JO. Les réponses passeront par une implication forte des collectivités, des maîtres d’ouvrage, des opérateurs du logement social et des agences RH spécialisées dans le secteur BTP, afin de proposer des solutions attractives et pérennes tout en préservant l’équilibre du tissu local existant.
Le calendrier et la cadence des recrutements pour les JO 2030 en Savoie
La montée en puissance des recrutements liés aux Jeux Olympiques 2030 en Savoie s’organise de façon progressive et structurée, en corrélation directe avec l’avancement des différents chantiers et besoins organisationnels. Après une phase d’installation des instances de gouvernance en 2025, l’année marque un tournant avec la structuration et la consolidation des équipes du Comité d’Organisation. Les premiers recrutements ont naturellement ciblé les postes stratégiques et directionnels, mais le rythme va s’intensifier à partir de 2026, à mesure que les différents pôles (logistique, événementiel, infrastructures, communication, sécurité, technologie, ressources humaines, etc.) finalisent leur cahier des charges et enclenchent leurs activités opérationnelles.
D’ici à 2028, la cadence des embauches montera crescendo, visant non seulement à accompagner la construction, la modernisation des sites et l’activation de services associés, mais aussi à répondre aux besoins en animation, gestion et coordination générale à l’approche de l’événement. Au pic des préparatifs, jusqu’à 2 000 personnes devraient travailler au sein du Comité d’Organisation, sans compter les milliers d’emplois indirects générés dans la région à travers la chaîne d’approvisionnement, les services et les prestataires locaux.
Pour répondre à cette demande croissante et piloter la gestion dynamique des recrutements, une plateforme dédiée a été lancée afin de centraliser l’ensemble des offres d’emplois relatives aux Jeux Olympiques et Paralympiques 2030. Ce site facilite à la fois la consultation des besoins actualisés et le dépôt de candidatures spontanées, permettant aux entreprises, aux collectivités et aux talents du territoire d’anticiper et de s’organiser. L’utilisation de cette plateforme est un levier essentiel pour soutenir l’accès aux postes, fluidifier les parcours de mobilité et garantir la transparence et la diversité des recrutements pour les différentes phases du projet.
Au final, la réussite de cet immense chantier repose sur la capacité collective à anticiper les pics de recrutement, attirer et fidéliser les meilleures compétences locales et nationales, et proposer des parcours évolutifs pour les personnes mobilisées autour de ce grand rendez-vous planétaire.
Filière Montagne et Outdoor : une filière en mouvement
La filière Montagne et Outdoor, véritable colonne vertébrale économique de la Savoie, s’illustre par sa structuration unique et son ancrage territorial renforcé grâce à des acteurs fédérateurs comme le club Outdoor Sports Valley (OSV). OSV regroupe plus de 500 entreprises membres, de la start-up à la multinationale, et catalyse l’intelligence collective du secteur autour de projets communs : développement économique, mutualisation des ressources humaines, innovation et promotion du territoire à l’échelle nationale et internationale. Cette organisation de filière apporte non seulement un appui opérationnel à ses adhérents, mais elle permet à la Savoie et à la Haute-Savoie de renforcer leur rôle de leaders européens de l’industrie des sports outdoor et de l’innovation montagne.
Portée par un chiffre d’affaires cumulé de plus de 5,7 milliards d’euros en 2023, et un taux de croissance annuel de 16% depuis 2020, la filière affiche une résilience et une vigueur exemplaires. Les entreprises de l’écosystème, qu’elles soient spécialisées dans la conception, la distribution ou le tourisme, se mobilisent pour accélérer leur transformation digitale, diversifier leurs canaux de commercialisation et répondre à l’appétit mondial pour les sports de plein air, l’équipement technique, l’innovation responsable et les loisirs nature. Ce dynamisme propulse Chambéry, Annecy et la Savoie au rang de territoires référents – véritables vitrines internationales de l’excellence alpine française.
Mais cette réussite économique majeure repose sur une ressource stratégique : le capital humain. L’un des défis majeurs réside dans l’attraction et la rétention des talents, notamment des jeunes diplômés et cadres spécialisés. Les entreprises, en quête de profils qualifiés dans des disciplines variées (design produit, data, marketing digital, ingénierie, transition environnementale), font face à une concurrence accrue sur le marché de l’emploi régional et européen. L’attractivité du territoire, la promesse d’une qualité de vie exceptionnelle et la notoriété des marques ne suffisent plus : il s’agit désormais d’innover aussi dans les politiques RH.
L'enjeu de la durabilité pour les entreprises de l'outdoor
Les entreprises de l’outdoor sont désormais confrontées à des enjeux majeurs de durabilité et de recyclage, qui redéfinissent leurs priorités industrielles et commerciales pour répondre aux nouvelles attentes sociétales et à une réglementation toujours plus exigeante. La mise en place du principe de responsabilité élargie du producteur (REP) pour les articles de sport, textiles, équipements et produits de loisirs impose à ces entreprises d’assumer la gestion de l’ensemble du cycle de vie de leurs produits, du choix des matériaux au recyclage final. Concrètement, les entreprises doivent non seulement intégrer des matériaux plus durables et recyclables dans leur chaîne de production, mais aussi organiser la collecte et le tri des équipements usagés, développer la réparabilité, et investir dans l’innovation circulaire pour limiter l’impact environnemental de leurs gammes outdoor.
Ces obligations s’accompagnent de dispositifs fiscaux : l’éco-contribution ou « éco-participation » est désormais obligatoire pour une grande partie des produits mis sur le marché. En 2025, cette taxe, dont le montant est fixé et collecté par des éco-organismes agréés, s’applique notamment aux articles de sport et de loisirs, textiles techniques, chaussures, équipements électroniques, articles de bricolage et produits du bâtiment. Par exemple, l’éco-contribution pour certains matériaux du bâtiment ou équipements outdoor peut atteindre plus de 8 € par unité, montant qui doit obligatoirement apparaître de façon distincte sur chaque facture ou devis professionnel. Plus un produit est conçu pour être réparable et recyclable, plus le montant de la contribution sera allégé : cela incite toute la filière à innover en écoconception et à miser sur la durabilité dans la recherche et le développement.
En conséquence, la rentabilité et l’image des entreprises outdoor dépendent largement de leur capacité à anticiper ces réglementations, à maîtriser leurs flux de matières, à organiser la reprise et le traçage des produits en fin de vie. Le respect de ces obligations est non seulement requis par la loi, mais aussi de plus en plus attendu par les consommateurs et les distributeurs, sensibles à la transparence des engagements environnementaux et sociaux. Ces défis ouvrent aussi des opportunités, puisque les marques les plus avancées en écoconception et en recyclage peuvent valoriser leur différenciation sur un marché où la performance durable devient un argument central d’attractivité, d’innovation et de compétitivité régionale.
Les tendances de l'emploi dans la filière outdoor
La filière outdoor se distingue par sa croissance soutenue, sa dynamique entrepreneuriale et son besoin constant en profils qualifiés dans des métiers à haute valeur ajoutée. Ces dernières années, les tendances de l’emploi révèlent une forte demande pour les compétences en création et développement de produits, avec la recherche active de designers, chefs de produit, ingénieurs R&D, stylistes, modélistes et spécialistes de l’éco-conception élevés au rang de talents stratégiques. La relocalisation partielle de la production en France intensifie cette demande, notamment pour renforcer la qualité, la traçabilité et la durabilité des équipements techniques, ce qui conduit à rechercher aussi des profils manuels et techniques récemment redynamisés (couturières industrielles, prototypistes, opérateurs spécialisés).
Le marketing et la communication poursuivent une profonde transformation sous l’effet de la digitalisation : les marques outdoor misent sur des professionnels capables de fédérer des communautés de pratiquants sur les réseaux sociaux, de créer et diffuser des contenus inspirants, d’activer l’influence, mais aussi de piloter campagnes 360° et stratégies omnicanales. Les profils recherchés sont ceux de responsables marketing digital, community managers, créateurs de contenus, experts SEO, responsables événementiel, chefs de projets communication ou encore spécialistes en relations publiques et partenariats sportifs.
En parallèle, la vente demeure une composante clé du dynamisme sectoriel, qu’il s’agisse de distribution spécialisée, d’e-commerce, ou d’animation de réseaux de boutiques partenaires. Les entreprises plébiscitent des profils de commerciaux terrain polyvalents, responsables grands comptes, managers retail, spécialistes de la négociation BtoB/BtoC, animateurs réseaux ou bien de technico-commerciaux formés à l’expertise produit et à l’accompagnement client. L’internationalisation croissante du business outdoor fait également émerger un besoin en profils multilingues, capables d’accompagner la marque sur de nouveaux marchés.
Enfin, la supply chain constitue un axe majeur de recrutement, directement lié aux enjeux de performance, d’innovation et de durabilité. Dans ce secteur où la saisonnalité, la logistique et l’internationalisation sont prégnantes, les entreprises recherchent activement des responsables de chaîne logistique, acheteurs internationaux, prévisionnistes des ventes, responsables logistique, planificateurs de production, coordinateurs import/export et gestionnaires de stock. Les compétences doublées d’un sens aigu de l’optimisation, de la data et de la logistique verte sont particulièrement valorisées, notamment pour accompagner la transition vers une supply chain plus responsable et circulaire.
Face à l’ensemble de ces enjeux, la filière s’engage activement : plateforme emploi dédiée (OSV Jobs), actions de formation via l’OSV Academy, benchmarks des rémunérations, groupes de travail RH et accompagnement personnalisé des entreprises pour attirer et fidéliser les talents dans un univers fortement concurrentiel, où passion et performance vont de pair.